Anticiper et savoir réagir en cas d'asphyxie
L'asphyxie relève de l'urgence vitale : les voies aériennes supérieures sont obstruées ou la respiration est gravement entravée, ce qui prive l'organisme d'oxygène. Sans action rapide, les conséquences peuvent être graves. Voici les signes à reconnaître et les ordres de priorité des gestes.
Description et conséquences possibles
Sans intervention rapide, l'asphyxie peut entraîner :
- Perte de conscience
- Arrêt respiratoire
- Arrêt cardiaque
- Séquelles neurologiques irréversibles ou décès
Causes fréquentes chez l'enfant
- Inhalation d'un corps étranger (cacahuète, bonbon, fragment de jouet, pièce de monnaie, etc.)
- Fausses routes dues à des morceaux non adaptés à l'âge
- Étouffement avec sac plastique, oreiller ou doudou volumineux
- Noyade ou inhalation d'eau
- Œdème du larynx dans un contexte d'anaphylaxie
- Traumatisme ou brûlure des voies respiratoires
- Compression thoracique accidentelle
Scénario 1 : l'enfant ne respire plus
La ventilation est interrompue : aucun mouvement respiratoire efficace.
Signes d'observation
- Aucune respiration visible
- Thorax immobile
- Lèvres ou teinte de peau bleutée (cyanose)
- Aucun bruit respiratoire perceptible
- Perte de tonus musculaire ou de conscience
- Regard fixe, absence de réaction aux stimulations
Conduite à tenir
- Vérifier la sécurité des lieux (risque électrique, objets périphériques, présence d'eau).
- Appeler sans délai les secours : 15 (SAMU) ou 112 (numéro d'urgence européen).
- Libérer les voies aériennes (LVA), comme indiqué plus bas.
- Contrôler la présence de la respiration pendant environ 10 secondes.
- Si l'enfant ne respire pas : entreprendre une ventilation artificielle.
- Si aucun signe de vie ne revient : massage cardiaque selon la formation reçue.
Scénario 2 : respiration difficile ou insuffisante
L'enfant respire encore, mais avec une détresse évidente.
Signes d'observation
- Gêne respiratoire intense
- Toux faible ou inefficace
- Stridor (bruit aigu à l'inspiration)
- Mouvements respiratoires difficiles ou saccadés
- Lèvres bleuies ou teint pâle
- Agitation, panique ou somnolence inhabituelle
- Baisse progressive du niveau de conscience
Conduite à tenir
- Maintenir l'enfant assis ou demi-assis, dans la position qui lui semble la plus confortable.
- Ne pas le contraindre à parler ni à boire.
- Alerter les secours immédiatement.
- Observer l'évolution en continu.
- En cas d'aggravation rapide, se replacer sur le scénario « ventilation arrêtée » ci-dessus.
Scénario 3 : gêne visible, enfant conscient
L'enfant est éveillé et signale une gêne respiratoire (obstruction partielle possible).
Conduite à tenir
- Si la toux est efficace : la laisser faire, sans geste intrusif.
- Ne jamais tenter une extraction « à l'aveugle » si l'objet n'est pas clairement visible.
- Poursuivre la surveillance :
- Si la situation s'améliore : rester disponible et observer de près.
- Si la situation se dégrade : passer au scénario 2, puis au scénario 1 si nécessaire.
Libération des voies aériennes (LVA)
Objectif : dégager l'entrée des voies respiratoires lorsque c'est possible sans risque.
1. Basculer doucement la tête en arrière
- Une main sur le front, l'autre sous le menton.
- Incliner en douceur pour ouvrir le passage aérien.
2. Ouvrir la bouche
- Observer si un corps étranger est visible, sans forcer l'exploration.
3. Extraction digitale
- Uniquement si l'objet est nettement visible.
- Retrait prudent au doigt « en crochet », sans enfoncer le corps étranger.
Attention
Ne pas introduire les doigts profondément sans vision directe : le risque est d'aggraver l'obstruction.
Ventilation artificielle
Bouche-à-bouche ou bouche-nez selon l'âge, en complément des gestes appris en formation.
Nourrisson (moins de 1 an)
- Technique bouche-nez : la bouche de l'adulte couvre simultanément bouche et nez du bébé.
- Cinq insufflations lentes (environ 1 s) ; le thorax doit se soulever.
- En cas d'arrêt cardiaque associé : enchaîner selon le protocole appris (compressions et insufflations).
Enfant d'au moins 1 an
- Bouche-à-bouche : pincer le nez, insuffler doucement (environ 1 s).
- Le thorax doit se soulever à chaque insufflation.
- Si absence de pouls : alterner compressions thoraciques et insufflations selon la formation PSC1.
Position latérale de sécurité (PLS)
Lorsque l'enfant est inconscient mais respire encore, en attendant les secours.
Intérêt
- Réduit le risque que la langue ou les sécrétions obstruent le pharynx.
- Permet une attente plus sûre jusqu'à l'arrivée du SAMU ou des pompiers.
Principales étapes
- Allonger l'enfant sur le dos.
- Placer le bras du côté vers lequel il va être basculé à angle droit par rapport au corps.
- Ramener la jambe opposée, pliée.
- Faire rouler l'enfant progressivement sur le flanc.
- Tête en légère hyperextension, bouche orientée vers le sol pour favoriser l'écoulement éventuel.
Surveillance
Contrôler en continu la respiration jusqu'à la prise en charge par les secours.
En synthèse
- Observer sans paniquer et hiérarchiser les gestes.
- Éviter tout geste forcé ou aveugle si l'obstruction n'est pas visible.
- Appeler les secours tôt, plutôt que tard.
- La formation PSC1 (Prévention et secours civiques de niveau 1) est fortement recommandée pour mettre en pratique ces gestes en situation réelle.
Sources indicatives
- Contenu de référence PSC1
- Protocoles de secours d'urgence pédiatrique
- Guides de prévention des accidents domestiques